Vernissage : l’Asie rêvée d’Yves Saint Laurent

Une exposition au coeur des pensées du grand couturier Yves Saint Laurent. À l’instar de son travail méticuleux, l’Asie rêvée d’Yves Saint Laurent retrace sa curiosité pour le continent asiatique, et plus précisément pour l’Inde, la Chine et le Japon. Il fallait s’attendre à ce que cela ne soit pas qu’une simple exposition, mais aussi une révélation des procédés de l’artiste. C’est parti pour la découverte de la toute première exposition temporaire thématique du musée!

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©NipponActif

Attention, l’exposition est ouverte qu’à partir de demain (2 octobre 2018). J’ai pris les photos suivantes lors de la conférence presse, avant l’ouverture aux publics. Si vous souhaitez garder la surprise de ce qu’il y aura lors de votre visite au musée, je vous conseille de ne pas continuer la lecture de cet article.

La grande renommée du personnage me conforte dans l’inutilité de vous le présenter. C’est donc pour cela que je vais rentrer dans le vif du sujet ! Une exposition que j’avais hâte de découvrir depuis au moins trois longs mois. Est-ce que l’attente en a valu la chandelle? OUI! Bien plus que ce que j’espérais. À partir de cette année, donc en 2018, il y aura quatre mois d’exposition thématique chaque année, en dehors de l’exposition permanente. On y verra 7.000 pièces textiles avec son processus en 81 collections.
En entrant dans la salle du hall principal, le thème est très rapidement imposé : trois murs sur quatre nous proposent une brève introduction quant au choix des pays et à son explication. Le directeur du Musée Yves Saint Laurent, Olivier Flaviano, et la commissaire de l’exposition, Aurélie Samuel nous accueillent durant les quelques heures de la visite guidée.

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©NipponActif Aurélie Samuel et Olivier Flaviano

Comme Olivier Flaviano l’a si bien expliqué, le titre porte à confusion. Effectivement, nous savons ce qu’est le rêve endormi. Cependant, le travail du créateur s’est plutôt immortalisé dans un rêvé éveillé. Celui s’imprégnant des dynamismes culturelles d’un continent vaste et regroupant des pays avec des identités propres. Yves Saint Laurent se nourrit de littératures, de musiques, de théâtres et de cinémas. Il va au-delà de la démarche purement professionnelle, et se rapproche de la démarche artistique, culturelle et sociale. En 1983, au milieu de sa carrière, une exposition sur Yves Saint Laurent s’ouvre au Metropolitan de New York, il dit lors d’une interview avec le journal Le Monde : « L’imagination, comme un fleuve, charrie toute la peinture, la littérature, la sculpture, la musique que je porte en moi pour s’incarner dans mes collections ». Choses dites, choses faites!
Le directeur du musée est aussi inspiré par une autre citation de Jean Cocteau : « Pour les artistes, il ne faut pas finalement parler d’inspiration, mais d’expiration. Puisque ces choses ne nous tombent pas de quelque ciel, mais sortent de nos profondeurs ». Olivier Flaviano trouve que cette phrase accroche à merveille au travail d’Yves Saint Laurent.

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©NipponActif

La commissaire de l’exposition, Aurélie Samuel prend à son tour la parole, pour nous donner son avis. Pour elle, le travail d’Yves Saint Laurent va au-delà du cadre du travail, il a une démarche qui est intellectuelle et historique. Et l’on commence le sujet avec l’Asie pour la toute première exposition temporaire du musée. Un thème qui n’a donc pas été choisi au hasard. Le but de l’exposition est aussi d’expliquer et de contextualiser en essayant de comprendre ses sources d’inspiration mais aussi la façon dont il a digéré les influences et les différentes pensées de ces cultures auxquelles il s’est intéressé. Le fait d’avoir choisi que ces trois pays, au lieu de l’Asie du Sud-Est ou de la Corée, est justifié par le fait que l’Inde, la Chine et le Japon sont les plus connus en Europe. Mais surtout qu’à travers leur vêtement, un certain nombre de coutumes y sont véhiculées. Yves Saint Laurent essaie d’en comprendre la forme, la technique et surtout son usage. Ce sont des pays où le vêtement raconte une histoire : le statut social, le statut religieux et la place qu’ils ont en société. L’artiste va essayer de comprendre, reprendre et réinterpréter à sa manière, sans pour autant complètement déformer la base. Certains objets sont empruntés au Musée Guimet pour cette collaboration, afin de mettre en concordance le travail d’Yves Saint Laurent aux objets d’arts asiatiques.

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©NipponActif

Mon site communiquant sur les richesses japonaises, et voulant me soustraire à cette condition, je ne vous parlerai que de la collection japonaise. Je mettrai tout de même les photos de l’ensemble des collections que j’ai pu prendre. Sachez qu’Yves Saint Laurent a été en visite que dans un seul pays, le Japon. Pour l’Inde et la Chine, il s’est inspiré de beaucoup d’éléments cités plus haut, mais il les a réinterprétés. Alors que pour le Japon, il n’y a pas eu de réinterprétation. Vous verrez aussi beaucoup plus de pièces de collection pour l’Inde et la Chine que pour le Japon.

Il était fasciné par l’époque Edo (1600 – 1868), notamment par l’histoire du pouvoir impérial et du théâtre kabuki. Il va dans cette exposition revisiter le kimono. Ce sont des vêtements qui contraignent les mouvements, cela peut aller aux personnes d’influences qui ont un travail dans les hauts rangs. Il va garder la fluidité des lignes, mais va accompagner les mouvements au lieu de les contraindre. Pierre Bergé (compagnon de l’artiste) et Yves Saint Laurent avaient arpenté les rues de Gion, une ville de Kyōto, là où déambulent des courtisanes. Ils adorent le kabuki, et iront plusieurs fois regarder ces pièces de théâtre. Comme Yves Saint Laurent a un profond respect pour le Japon, son harmonie avec la nature, des habits qui ne peuvent que correspondre à ce pays, et qu’il connaît bien le pays, il n’arrive pas à s’extraire d’une restitution fidèle. Le kimono que nous pouvons voir lors de l’exposition peut se porter pour une soirée, et a été occidentalisé qu’en enlevant le obi, qui est la ceinture car il n’est pas toujours simple de le porter, par de la passementerie mais ça reste un kimono japonais hormis ce détail. Derrière, il y a une estampe de courtisanes pour rappeler le fait qu’il est allé à Gion. Contrairement à l’Inde et la Chine, c’est une Asie qu’il a vu, et qu’il a digéré et recréé le plus fidèlement possible. Même Kenzo admet que c’est sans doute le couturier qui a le mieux comprit la culture japonaise et le vêtement japonais.

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La veste Iris de 1988 est inspirée de Vincent Van Gogh, qui a son tour est inspiré de Katsushika Hokusai. Yves Saint Laurent a le tableau devant ses yeux pour redessiner cette estampe, avec même ses contours noirs typique des estampes japonaises. Avec ce rendu de la 3D en provenant de la 2D, le rendu s’approche plus de l’estampe d’Hokusai, que de la peinture de Van Gogh. La pièce concernant le Japon a une lumière beaucoup plus tamisée, Une collection riche en couleur, en histoire, un parcours idyllique dans les rêves du créateur, qui nous fait rêver à notre tour. Cette passation visuelle créée une empathie avec le couturier, qui nous emmène en voyage. Découvrez sans plus tarder une cinquantaine de pièces de collection lors de cette exposition, et il n’y a pas à appréhender cet héritage. J’ai moi-même appréhendé cette exposition de peur que l’essence de son inspiration n’en soit déstructuré, mais la très grande majorité de ce qui est exposé reste fidèle aux vêtements traditionnels que je connais, et que vous connaissez peut-être.

*Événement Facebook : https://www.facebook.com/events/431135614081772/
*Dates : du 2 octobre 2018 au 27 janvier 2019
*Lieu : Musée Yves Saint Laurent – 5 Avenue Marceau, 75116 Paris
*Billetterie et tarifs : https://billetterie.museeyslparis.com/

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